Thèse

Élaboration d’une méthode de qualification du paysage sonore. Le cas des quartiers durables allemands Vauban et Kronsberg.

Jury :
M. Pascal AMPHOUX, Professeur, Architecte et géographe, Cresson, École Nationale Supérieure d’Architecture de Nantes, Président et rapporteur
M. Vincent VESCHAMBRE, Professeur, Géographe, École Nationale Supérieure d’Architecture de Lyon, Rapporteur
M. Guillaume FABUREL, Maître de Conférences HDR, Géographe, Lab’Urba, Institut d’Urbanisme de Paris, Paris 12, Examinateur
M. Pierre MARIÉTAN, Compositeur et musicien, Examinateur
M. Pierre DONADIEU, Professeur, Géographe, Laboratoire de Recherches de l’École Nationale Supérieure du Paysage de Versailles, Examinateur
M. Hervé DAVODEAU, Maître de Conférences, Géographe, ESO, Agrocampus Ouest – CFR Angers, Examinateur.

Laboratoire d’accueil
Laboratoire de Recherches de l’École Nationale Supérieure du Paysage de Versailles (LAREP)
10, rue du Maréchal Joffre – 78000 Versailles 

Financement
Bourse de thèse financée par l’ADEME (trois ans)

Cette thèse cherche à faire progresser la prise en compte de la qualité de l’environnement sonore dans le cadre de projets de quartiers durables, en s’appuyant sur la notion de paysage et sur ses évolutions récentes. L’intégration de la dimension sonore du paysage dans la réflexion aménagiste permet de mieux comprendre les rapports que les habitants entretiennent avec leurs territoires de vie, et donc d’intervenir de manière opérationnelle avec plus de pertinence sur la qualité de vie en ville. La spécificité de cette recherche réside dans son approche, ni épidémiologique de l’environnement sonore telle qu’elle est menée actuellement par les pouvoirs publiques, ni esthétisante du paysage, mais fondée sur le vécu sonore quotidien des habitants. L’idée défendue est que c’est par le rapprochement des notions de paysage et d’ambiance – par le biais de la problématique actuelle du développement durable -, que la qualité de l’environnement sonore pourra être prise en compte dans les projets urbains et que le potentiel opérationnel du paysage sonore pourra être établi. Cette démarche a nécessité la mobilisation d’outils appropriés pour décrire, interpréter et expliquer le paysage sonore dans sa globalité et à l’échelle du quartier. Une méthode de qualification du paysage sonore a donc été élaborée à partir de l’analyse :

  • du paysage raisonné, c’est-à-dire ce qui a été projeté lors de la réalisation du quartier et les choix opérationnels qui ont été faits. Il est analysé à travers la lecture de documents écrits et d’entretiens semi-directifs avec des personnes chargées du projet ;
  • du paysage sonnant, en tant que support physique du paysage sonore. Il s’agit de faire d’une part un diagnostic urbanistique et paysager à partir de relevés aux thématiques inspirées des objectifs visés en termes de développement durable dans les quartiers étudiés, et d’autre part de procéder à une méthode plus sensible, la dérive sonore paysagère, inspirée de pratiques de concepteurs paysagistes entre autres (cf. B. Lassus), et censée relever les impressions sonores du chercheur au premier contact avec le terrain ;
  • ces deux paysages servant tous deux de contexte à l’analyse du paysage auditif, étant l’ensemble des expériences auditives des habitants dans leur quartier, qui regroupe à la fois les représentations, les pratiques et les perceptions qu’ils en ont. Ces différents types de relations à l’environnement sonore générant des difficultés particulières de mise en expression des expériences sensorielles, plusieurs méthodes d’enquête ont été développées : des entretiens exploratoires dans la rue (30 par quartier), des parcours sonores (10) et des journaux sonores (5).

L’ensemble a permis de qualifier les paysages sonores des quartiers durables allemands Kronsberg (Hanovre) et Vauban (Fribourg) à partir d’éléments comme les marqueurs sonores, les indicateurs de qualité sonore et une typologie sensible des lieux. Nous avons pu à partir de ces éléments réaliser une carte des paysages sonores des quartiers étudiés, outil de communication et de diagnostic accessible pour tous les acteurs du projet (décideurs, concepteurs, habitants), distinguant les différents lieux pratiqués et qualifiés par les habitants. Chaque lieu y étant localisé et décrit à travers l’analyse croisée des paysages raisonné, sonnant et auditif. D’un point de vue théorique, ce travail contribue à l’enrichissement de l’objet de recherche « paysage sonore », articulé avec les apports récents des théories du paysage et de l’ambiance architecturale et urbaine. D’un point de vue méthodologique et opérationnel, il propose une méthode de qualification du paysage sonore, adaptable à une échelle locale à tout type de projet urbain ou « extra-urbain » et applicable par des concepteurs et acteurs de projets.

Si ce travail de recherche visait essentiellement à mettre en place une méthode de qualification du paysage sonore dans des quartiers durables existants et habités depuis plusieurs années, les conclusions apportées dans l’étude des quartiers Kronsberg et Vauban permettent toutefois de proposer quelques pistes d’action aux concepteurs et acteurs de projets de quartiers durables en France, et plus largement de projets urbains. En effet, l’approche technico-normative mise en avant dans la réalisation de quartiers durables ne suffit pas à offrir une qualité de vie satisfaisante aux habitants. Elle doit être complétée par une approche plus sensible, qui, prenant en compte la dimension sonore du paysage, doit amener à :

  • Assurer la diversité sonore au sein des quartiers durables en favorisant l’aménagement de lieux calmes et de lieux vivants, ou en permettre l’accès aisé.
  • Valoriser les caractéristiques sonores des quartiers en s’appuyant sur leurs spécificités locales afin d’éviter la normalisation sonore éventuelle des quartiers durables, due à la reproduction de modèles et à la primauté de l’approche techniciste généralisées dans la réalisation de ce type de projets.
  • Et prendre en compte la parole habitante, voire faire participer de manière active les habitants à la qualification du paysage sonore, ceux-ci étant les plus concernés et les plus aptes à témoigner de leur environnement sonore quotidien.

Mots-clés
Paysage sonore – Quartier durable – Habitant – Qualité de vie – Projet urbain – Diagnostic urbanistique et paysager – Parcours sonore – Carte mentale – Journal sonore.

Thèse soutenue publiquement le 19 décembre 2011, qualifiée en sections 18 et 24

Thèse en ligne
http://pastel.archives-ouvertes.fr/docs/00/77/87/54/PDF/GEISLER_-_Elise-These.pdf

 ANNEXES

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Paysages sonores de Kronsberg

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Paysages sonores de Vauban

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